La Suède est de nouveau à l’affiche avec The Divine Baze Orchestra, formation dont la création
fut scellée en 2003. Tout d’abord en formule quartette, le groupe s’est muté en quintette avec
l’arrivée du claviériste Daniel Karlsson. Une certaine constance est à signaler depuis la
naissance de The Divine Baze Orchestra avec seulement un récent changement de bassiste. C’est
donc sous ces auspices plutôt fraternels que le groupe a enregistré son premier album,
judicieusement intitulé "Once We Were Born".
Pourquoi judicieusement ? Parce qu’il laisse entendre un retour vers une époque que ces
jeunes musiciens n’ont pu appréhender que par l’intermédiaire d’œuvres incontournables qu’ils
ont du faire tourner en boucle dans leurs lecteurs CD respectifs. D’ailleurs, l’illustration
picturale de "Once We Were Born" est également évocatrice de cette illustre décennie en matière
d’explosions artistiques en tout genre.
Et bien oui, il est question des années soixante dix, creuset dans lequel The Divine Baze Orchestra
puise ses influences en les répandant sous forme d’un heavy rock progressif théâtral bluesy,
renchéries au travers d’une atmosphère assez explosive. Ce "magic" quintette fait allègrement
office d’un croisement musical composé d’une bonne dose d’Uriah Heep période David Byron à laquelle
il faut ajouter une pinte de Deep Purple pour la face heavy, et parsemé d’une emphase Crimsonienne
pour l’aspect plus grandiloquent. Voilà de quoi s’immerger dans un univers bigarré dont
"Once We Were Born" se doit de faire le tremplin.
La production de cet album recèle les bienfaits impulsifs et directs des seventies, c’est à dire
sans artifices et overdubs en tout genre. Le son est quasiment live et laisse entendre que peu de
prises ont été nécessaires pour la mise en boîte de l’opus. Comme tout cela fleure bon l’enthousiasme
et la spontanéité… D’ailleurs, les dix titres interprétés en sont entièrement révélateurs.
L’orgue Hammond B3 de Daniel Karlsson zèbre furieusement l’ambiance en ronronnant comme un gros matou
tapit sous un poêle bien chaud. La guitare d’Oliver Eek-Botha apporte un soutien de poids en se
faisant lourde sur les rythmiques et lumineuse sur les envolées en solo. Le tandem basse/batterie
est quant à lui huilé comme le carter d’une "Indian Chief" aux heures de vols conséquentes.
Puis la voix d’Alex Frisborg, envoûtante et non dispensée de puissance - le timbre n’est pas sans
évoquer David Byron - apporte efficacement sa contribution surtout sur les courbes plus théâtrales
des compositions "Once We Were Born".
La feuille de route étant maintenant tracée, il est temps de fouiller un peu plus pour savoir si ce
voyage en forme de come-back vers les 70’s tient toutes ses promesses. Un fait indubitable revient
à l’esprit après la première écoute de "Once We Were Born". Les variations dans les thèmes sont
nombreuses, depuis l’introduction "Purplellienne" de "Dance" jusqu’aux dernières notes
d’orgue Hammond de "Burned By The Sun". The DBO se permet même de revisiter le boogie blues enflammé avec
"Trota Di mare", tandis que "Orange And Turquoise" baigne dans un univers plus blues roots.
"Choose You Green" est armé d’un riff sautillant et entêtant sur lequel vient s’ajouter
un B3 toujours bien grondant. Les cris d’Alex Frisborg sur le refrain enrichissent davantage
l’atmosphère survoltée de ce morceau.
A ce moment là, plus aucun doute ne subsiste quant à l’état d’esprit de The Divine Baze Orchestra.
Ce retour en arrière n’a bien entendu aucun rapport avec une quelconque rétrogradation, car ces jeunes
musiciens fort bien inspirés ne se contentent pas de ressasser les notes et les schémas que leurs aînés
ont su créer et rendre populaires. Le feeling des 70’s coule dans les veines de chacun des protagonistes
et des titres comme "In Search", "Little Man" et "The Man From My Mothers Brothers" sont là pour le confirmer.
Alors que "Burned By The Sun" vient clôturer cette œuvre dynamique et captivante avec des embruns
plus délicats, il est rassurant d’entendre ces jeunes gens jouer comme des briscards aguerris et
conquérants. The Divine Baze Orchestra ne se contente pas de piller l’héritage conséquent des années
soixante dix, mais apporte sa contribution de manière sincère et authentique. En tout état de cause,
voilà une production qui comblera les passionnés de cette époque déjà lointaine et permettra de surcroît
à ceux qui ne la connaissent que plus superficiellement de la redécouvrir sous les meilleurs augures.
Rating: 7 / 10
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